Site internet de médecin : ce que la déontologie autorise vraiment

En bref

Oui, un médecin peut avoir un site internet. Depuis le décret du 22 décembre 2020, le code de déontologie autorise le médecin à communiquer au public des informations sur ses compétences, sa pratique et ses conditions d'exercice, à condition qu'elles soient loyales, claires, honnêtes et non comparatives. Ce qui reste interdit : la publicité à visée commerciale, les témoignages et avis de patients mis en avant, les promesses de résultat et le dénigrement de confrères.

Ce qui a changé en 2020

Avant 2020, la communication des médecins était très restreinte : on tolérait une plaque, un annuaire, et un site purement informatif. Le décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020 a réécrit les articles du code de santé publique relatifs à l'information du public (R.4127-19 et R.4127-19-1). Le principe s'est inversé : le médecin peut informer, tant que l'information sert le patient et non le commerce.

Concrètement, un site de cabinet est aujourd'hui un outil normal. Ce qui compte, c'est son contenu et son ton.

Ce que vous pouvez publier

Tout ce qui aide un patient à savoir si vous êtes le bon interlocuteur et comment venir vous voir :

  • Vos diplômes, qualifications reconnues, parcours et formations.
  • Les actes et prises en charge que vous pratiquez, expliqués simplement.
  • Les informations pratiques : adresse, accès, horaires, prise de rendez-vous, téléconsultation.
  • Vos honoraires, votre secteur de conventionnement et les modes de paiement.
  • Des contenus de prévention et d’éducation à la santé, rédigés avec rigueur.
  • Des photos du cabinet et de l’équipe.

Ce qui reste interdit ou très encadré

Les points qui font le plus souvent l’objet de remarques du Conseil départemental :

  • Les avis et témoignages de patients affichés sur votre site.
  • Les formulations commerciales : « le meilleur », « n°1 », « résultats garantis », promotions.
  • Les comparaisons avec d’autres praticiens.
  • Les photos avant/après retouchées, ou publiées sans consentement écrit du patient.
  • Toute information qui pourrait identifier un patient.

Checklist technique d’un site de cabinet conforme

Au-delà de la déontologie, un site médical doit respecter les obligations de tout site professionnel :

  • Mentions légales complètes (identité, numéro RPPS, hébergeur).
  • Politique de confidentialité RGPD et bandeau cookies si vous mesurez l’audience.
  • Aucune donnée de santé collectée par un formulaire classique : orientez vers votre outil de prise de RDV.
  • Un site rapide et lisible sur mobile, où la majorité de vos patients le consulteront.
  • Un lien clair vers votre agenda en ligne et votre numéro cliquable.

Notre conseil

Écrivez pour le patient qui hésite, pas pour vous vendre : expliquer une prise en charge, le déroulé d'une première consultation ou ce qu'il faut apporter rassure bien plus qu'un slogan. En cas de doute sur un contenu, votre Conseil départemental de l'Ordre reste l'interlocuteur de référence.

Questions fréquentes

Un médecin doit-il déclarer son site internet à l’Ordre ?

Il est recommandé d'informer votre Conseil départemental de l'Ordre de l'adresse de votre site et de lui soumettre tout contenu sur lequel vous avez un doute. Les modalités peuvent varier : renseignez-vous auprès de votre CDOM.

Peut-on afficher ses avis Google sur son site de médecin ?

Non. Mettre en avant des avis ou témoignages de patients sur son propre site est contraire à l'esprit du code de déontologie médicale. Votre fiche Google peut recevoir des avis, mais vous ne devez pas les solliciter de manière insistante ni les republier.

Peut-on indiquer ses tarifs sur son site ?

Oui, et c’est même recommandé : l’information sur les honoraires et le secteur de conventionnement fait partie de l’information loyale due au patient.

Pour aller plus loin

Médecin du Web

Un regard extérieur sur votre cabinet ?

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